Evénements au Magnolia

Concert de Jérémie Kisling

Samedi 26 septembre 2026

Accueil 18h30 | Concert 19h00 

Apéritif canadien (je vous invite à apporter une petite spécialité à partager) 

Participation : 40.- CHF (réservation confirmée après paiement)

Inscription : Uniquement par SMS au 079 447 43 62.

Les places sont limitées à 30, je vous conseille de réserver rapidement.

lien sur la musique de Jérémie Kisling
https://www.youtube.com/@jeremiekisling910

… Ca y est, l’Atelier à fêté ses 30 ans !

Les 30 ans du Magnolia

Tout a commencé déjà petite. Je suis née dans une famille où la créativité avait sa place et son importance. Et en guise d’introduction, j’aimerais ici vous lire un texte que j’avais écrit pour remercier ma tante, Monique Péclard Schlumberger, qui a fortement influencé ma trajectoire.


LA VISION DU BONHEUR

Son chignon dégoulinait en cascade sur ses épaules,
et quand j’y repense,
je crois bien que c’est cette brune au nez avancé et
au regard profond qui a donné un sens à ma vie.

Petite alors, je regardais, vers le haut,
cette femme au tempérament volcanique
jouer du pinceau avec tant d’ardeur.
C’était pour moi la vision du bonheur.

Entre le prunier et le figuier, un petit potager se réjouissait
de nous offrir les merveilles de la terre.
Au milieu du jardin, elle avait installé devant sa toile,
fleurs, fruits et poteries,
dans un rayon de soleil que filtrait le feuillage d’un arbre.

Je sentais un vent de liberté qui me rendait rêveuse,
dans ce petit monde privilégié,
protégée par de hauts murs de pierres,
sur lesquels couraient les lézards.

J’entendais… derrière, le bruit des automobiles glisser
sur les pavés dans le néant du monde des grands.
Rien ne me rendait si joyeuse que de voir apparaître,
sous la magie de ses doigts,
une image qui allait fixer à jamais ces instants de vacances.

Mais bien plus que mon sourire sur une photo,
dans ces tableaux,
elle savait fixer le parfum des choses.

Anne Laure, Lausanne, été 1998


Je ne suis pas rentrée dans le moule de l’école et le dessin a été salvateur pour moi… Il y avait un espace dans lequel je pouvais m’exprimer librement.

J’ai donc préparé, à 15 ans, un dossier d’entrée pour les Arts décoratifs à Genève, ville dans laquelle j’habitais à l’époque, et j’ai été acceptée.

Ma première année aux Arts décoratifs était en dessin d’intérieur. Ce n’était pas drôle je vous assure ! J’ai transpiré sur des calques à tirer des lignes au « Rotring » puis à les effacer à la lame de rasoir pour les redessiner 1 millimètre plus loin. J’y ai passé tous mes week-ends, ou presque. Je ne me voyais pas passer ma vie à dessiner des cuisines et autres intérieurs.

Non, ce que j’aimais, c’étaient les cours de couleurs et de dessin d’observation. J’ai donc changé de voie pour une section artistique. Durant deux ans, j’ai appris l’histoire des peintres et de l’évolution de la peinture. Ce fût passionnant. Mais surtout, j’ai créé et appris quelques techniques. Dominique Fontana, artiste bien connu dans notre région, a entre autres été mon professeur. Cette section m’a permis de préparer un dossier d’entrée pour les Beaux-Arts, toujours à Genève.

A 18 ans, je suis donc entrée à l’Ecole Supérieure d’Art Visuel. C’était la dernière année où il était possible d’intégrer cette école sans la matu. Sinon, je ne serais pas là aujourd’hui pour vous raconter cette belle aventure artistique et l’Atelier du Magnolia n’existerait pas.

Durant 6 années, j’ai côtoyé le monde magique de l’académie, de la photo, de la peinture, de la vidéo, des installations. J’y ai eu de très chouettes professeures, notamment Carmen Perrin, Marie Galle et Liliane Schneiter, dont je n’oublierais jamais tout ce qu’elles m’ont apporté.

Parallèlement à mes études, j’ai travaillé durant 8 ans comme monitrice avec des enfants dans un centre de loisirs, à Meyrin. Cela m’a permis d’avoir un studio et d’être autonome. J’ai également suivi des cours du soir en réflexologie (massage et anatomie) pour obtenir un papier me permettant de travailler en sortant de l’école. Car oui, être artiste c’est bien, mais pas forcément rentable. Et surtout, je crois, je voulais coûte que coûte garder ma liberté dans ma créativité. Je me souviens que ma façon de penser avait fortement dérangé Claude Sandoz à l’époque qui ne comprenait pas que je fasse de l’art pour ne pas le vendre. Bref… Cela n’a d’ailleurs pas été la seule incompréhension au sein de cette école, car les jurys ne savaient pas dans quelle case me reléguer. J’aimais mélanger les différents médiums pour créer, comme mêler la photo et la peinture ou filmer mes installations, ce qui ne se faisait pas encore vraiment à cette époque.

Pour me rendre le plus vite possible des Beaux-Arts au Centre de Loisirs de Meyrin aux heures de pointes, je chevauchais ma moto été comme hiver. Ah, les belles années de jeunesse !

Je ne pensais pas, à l’époque, que le travail de monitrice avec des enfants puis des adolescents m’apporterait autant pour l’avenir. Si on m’avait dit à 20 ans que je serais d’ici peu professeure de dessin, j’aurais répondu « Sûrement pas ! » Ce n’était vraiment pas mon projet de vie. Mais la vie est pleine de surprises, et c’est elle qui m’a mise sur cette voie.

En arrivant à Lausanne, je cherchais un job et j’ai commencé à enseigner le dessin, la peinture et l’histoire de l’art pour des étudiants de mode et de stylisme à l’Ecole Canvas. C’était il y a 33 ans, j’en avais 26, et c’était là que j’avais fait mes premiers pas devant une classe durant un peu plus de deux ans.

Parallèlement, j’ouvrais mon premier atelier « L’Atelier de la Fauvette » avec deux élèves. Durant la première année, le peu que je gagnais me permettait juste d’acheter le matériel, de payer un petit loyer et surtout les frais administratifs que l’on a quand on travaille comme indépendante. D’ailleurs, je remercie encore infiniment la propriétaire de la Fauvette d’être venue un jour frapper à ma porte pour me proposer cet espace qui se trouvait en dessous de chez moi.

Puis, l’affichette publicitaire collée sur ma vieille Toyota fut remarquée par Madame Moustakis. Elle m’appela pour demander : « Vous donnez des cours pour enfants ? »
Je lui ai répondu que non, que je n’y avais pas pensé, puis lui proposais d’en ouvrir un si elle réunissait un groupe de 5 enfants. La semaine suivante, elle entrait dans l’atelier avec 6 enfants que Michael rejoignit vite. Michael a fait partie de ces jeunes que j’ai vus grandir, devenir adultes et qui restent dans ma vie comme ma famille. Peu d’élèves ont connu l’Atelier de la Fauvette, car il n’a duré que deux ans. Il était tout petit, juste la place de mettre une grande table.

Une collègue de l’école Canvas me parla un jour d’une magnifique arcade qui se libérait sous son appartement. Je suis allée la visiter au 23 chemin du Village et j’ai vraiment eu le coup de foudre !
J’ai pris alors la décision de me mettre pleinement à mon compte et de quitter l’enseignement à l’école Canvas pour investir totalement ce nouvel atelier.

Le 1er juillet 1996, il y a tout juste 30 ans, j’ai ouvert l’Atelier du Magnolia qui était d’abord aménagé dans une seule salle, avant de s’agrandir avec un deuxième espace. Je profite ici de remercier très chaleureusement Micheline Ravenel et Jean Chollet, propriétaires de cette maison. Jean m’a laissé le champ libre tout au long de ces années pour repeindre et créer cet espace comme je le souhaitais. Merci infiniment !

Certains cours ont grandi au fil des années, d’autres ont disparu comme les cours d’histoire de l’art. Dans ces murs, de très nombreuses fêtes, vernissages d’artistes et d’expositions d’anciens élèves ont été organisés.
Aujourd’hui, je ne saurais dire combien d’élèves sont passés par le Magnolia. Dans tous les cas, je suis très heureuse de savoir qu’un certain nombre d’entre eux ont réussi des écoles d’arts, puis ouvert leurs propres ateliers d’artistes.

Je remercie avec beaucoup de gratitude tous les élèves qui m’ont fait confiance durant ces 30 années. Quand on me pose des questions sur mon travail, je dis souvent que j’ai une grande famille Magnolia. C’est vrai, de grandes amitiés sont nées ici, ainsi que ma fille et mon fils de coeur. Je me sens parfois une tata à qui l’on confie ses secrets, la grande soeur ou la grand-mère. Car, oui, aujourd’hui les enfants des enfants qui sont venus ici il y a de nombreuses années viennent à leur tour… Quel cadeau ! Quel cadeau aussi de voir revenir des élèves après plusieurs années de pause.

Quand j’ai appelé mon atelier par le nom de cet arbre magnifique qu’est le Magnolia. J’avais oublié à quel point il avait été important pour moi. Dans le jardin de mon père, c’est vers cet arbre que j’allais me recueillir adolescente quand j’avais des peines. Je crois qu’il me redonnait de la force et de la joie. Et j’espère sincèrement que cet atelier apporte avant tout à celles et ceux qui y viennent une bulle de bien-être.

Bien sûr que tout ne peut être parfait. Je suis une équipe à moi toute seule. Au Magnolia, la femme de ménage, la gestionnaire du matériel, la secrétaire, la comptable, la publiciste, la programmatrice, la directrice et la prof… c’est moi.
Et il arrive parfois que je bugge dans un domaine ou l’autre. Heureusement que je suis entourée d’élèves profondément bienveillants.

Par moment j’ai quand même sérieusement besoin d’aide, pour créer des meubles, poser des lumières ou poser un sol. De l’aide pour créer un site internet, débugger les problèmes informatiques ou créer une newsletter. Merci infiniment à Pierre-André, Jean-Yves, Manu, Jean-Alexis et Joëlle.

J’ai également beaucoup de gratitude pour les élèves qui m’ont suivie dans mon travail artistique, qui ont participé au festival Multimédi’arts que j’ai créé il y a 20 ans ou comme figurants pour les tournages de films ou performances. Tous ces événements se trouvent sur mon site d’artiste : AnneLaure Art. Ce sont des souvenirs et partages vraiment inoubliables.

Merci encore à tous ceux qui m’ont soutenue dans mes vernissages, car avant d’être une prof de dessin, je suis une créatrice. Ce travail de professeure me permet d’être une artiste libre et indépendante. J’ai donc une grande joie à transmettre mes recherches et mes connaissances artistiques à tous ceux qui viennent au Magnolia, ainsi qu’à créer mes propres cours comme je le souhaite… Sans note ni compétition !

Très touchée également par tous les élèves qui ont accroché un de mes tableaux sur leur mur. Et parfois plusieurs (merci Marc).

La créativité est bien plus qu’un loisir. Elle a une place centrale dans la vie de chacun d’entre nous. Car nous sommes nés pour créer notre vie : nous créons notre look et notre espace de vie afin qu’ils ressemblent à ce que nous sommes intérieurement, nous apportons de la créativité dans nos relations afin qu’elles soient plus pétillantes et originales, nous sommes créateurs de notre histoire et c’est un processus absolument merveilleux.

Dans le processus créatif, il y a tout d’abord une idée qui jaillit, titille nos émotions, nous remue, nous bouscule parfois… C’est qu’elle est en train de germer en nous. Puis, il faut lui donner naissance, pour ne pas avoir de regrets. Car la concrétisation d’une idée donne de la force et de la confiance. Elle ouvre le chemin à d’autres possibles, à d’autres idées, émotions et créations. La vie est une merveilleuse oeuvre d’art, c’est une performance de chaque instant.

En tant que professeur d’expression artistique, je me dois d’apporter à l’enfant, l’adolescent ou l’adulte, le meilleur terreau possible pour qu’il ou elle puisse aller à la rencontre de ses potentiels. Je n’attends pas de mes élèves qu’ils soient meilleurs les uns que les autres, je n’ai pas de notes symboliques à leur donner. Tout est déjà à l’intérieur de chacun, le potentiel et l’expression, mon travail consiste « seulement » à être un bon révélateur pour que l’image apparaisse. C’est à moi d’être meilleure professeure, d’apporter le bon éclairage, de réveiller les capacités de chacun et d’offrir des temps d’expérimentations variés, pour que la créativité devienne la plus lumineuse possible.

Depuis les Beaux-Arts, au travers de mon travail de photographe et de peintre porté sur la nature, ses cycles, ses formes et ses variétés, une sensibilité accrue s’est développée en moi. Je suis profondément amoureuse des forêts et de ses cours d’eau. Je ne peux pas dissocier la feuille de dessin de celle de l’arbre, le pot d’eau de l’eau de la rivière. Je suis donc, en tant qu’artiste, très respectueuse de ce que la nature m’offre pour créer. Tout est vivant pour moi, tout est en dialogue permanant. Alors bien évidemment qu’en tant que professeure de dessin et de peinture, je ne peux que transmettre à respecter le matériel que nous utilisons, à donner plusieurs vies à un objet, à utiliser plusieurs fois le scotch. Mais surtout, surtout à salir et à gaspiller le moins d’eau possible. Et je sais qu’il m’arrive de choquer, surprendre, déranger ou même traumatiser certains élèves comme Marie-Alice, qui venait à l’atelier quand elle était enfant. De retour au Magnolia depuis quelques années, elle m’a dit : « Jamais personne ne nous parlait comme ça de l’eau il y a 20 ans. »

Dans cet atelier, il y a aujourd’hui 3 cours pour enfants, 2 pour adolescents et 4 pour adultes. Chaque année, j’essaie au mieux d’améliorer la qualité de ces cours et des stages. C’est grâce à vous, à vos retours et à vos envies que je peux créer la suite, année après année. Je remercie aujourd’hui Alicia qui m’accompagne comme assistante pour le stage enfants dans la nature. Alicia a commencé petite fille et continue encore aujourd’hui dans les cours adultes. Je la regarde expliquer aux enfants comment peindre et dessiner et je l’entends dire mes mots. Ces dessins éblouissent les enfants. Alors avec tellement d’émotion, je me dis que la relève est là, et suis si fière.

Aujourd’hui, il y a une concurrence de taille, sans parler des nombreux ateliers qui ont vu le jour en 30 ans. Il y a les tutos et l’intelligence artificielle. Même si je ne sais pas trop ce que l’avenir va réserver à mon atelier et mon travail de professeure, je garde espoir d’avoir encore quelques années devant moi pour apporter de la créativité avec authenticité et humanité à celles et ceux qui pousseront la porte de l’Atelier du Magnolia.

Lausanne, juin 2026
Anne Laure


Un grand merci au photographe Pierre Constantin pour cette séance photos

 

L’Atelier du Magnolia a fêté ses 20 ans en 2016

Présentation de l’atelier en images

Présentation des anciens élèves du Magnolia en vidéo